Tougen Anki (La Légende du sang maudit) s’est imposé en quelques années comme l’un des shōnen dark‑fantasy les plus marquants de la nouvelle génération. Son univers de clans rivaux, son esthétique nerveuse et son adaptation animée lancée en 2025 ont contribué à en faire un phénomène auprès des lecteurs comme des spectateurs.

Créé par Yura Urushibara, Tougen Anki est publié depuis juin 2020 dans le Weekly Shōnen Champion (Akita Shoten). En France, c’est Kana qui en assure la publication depuis février 2022.
L’œuvre s’inscrit dans une veine dark‑fantasy moderne, où le folklore japonais est revisité à travers une guerre de clans millénaire opposant Oni et Momotarō.
Urushibara y développe un univers où l’héritage du sang devient à la fois une malédiction, une arme et un fardeau politique. Cette tension permanente entre identité, destin et violence structure toute la narration.

Au cœur du récit se trouve Shiki Ichinose, adolescent rebelle au tempérament explosif. Sa vie bascule lorsqu’il découvre qu’il appartient à la lignée des Oni, des êtres considérés comme des démons par la société humaine.
Son père adoptif, un ancien Momotarō repenti, est assassiné. Cela plonge Shiki dans une guerre qu’il ignorait totalement.
Dès lors, il doit apprendre à maîtriser le démon qui sommeille en lui, tout en naviguant entre trahisons, alliances et révélations sur son propre sang.

Le manga explore ainsi des thèmes forts comme la lutte contre un héritage imposé, la discrimination entre clans, la quête d’identité, la frontière trouble entre bien et mal.
L’une des forces de Tougen Anki réside dans sa relecture du mythe de Momotarō, héros folklorique japonais traditionnellement associé à la chasse aux démons.
Urushibara modernise ce mythe en le transformant en guerre génétique et politique.

Les Oni sont des descendants de démons, longtemps cachés du monde, dotés de pouvoirs liés à leur sang. Les Momotarō représente une organisation paramilitaire chargée de traquer les Oni, structurée comme une agence gouvernementale.
Cette opposition, loin d’être manichéenne, nourrit un récit où chaque camp possède ses zones d’ombre, ses extrémistes et ses dissidents.

En 2025, le studio Hibari lance l’adaptation animée, confiée à la réalisation d’Ato Nonaka.
La première saison couvre les arcs initiaux du manga, notamment la découverte des pouvoirs de Shiki, son intégration à l’Académie Rakshasa et les premiers affrontements contre les Momotarō.
L’anime met en valeur l’esthétique nerveuse du manga, avec des combats dynamiques et une mise en scène qui accentue la tension entre les deux clans.

La saison 2, annoncée peu après la diffusion de la première, devrait adapter les tomes 11 à 19. Cet arc est particulièrement riche et marque un changement d’échelle dans le récit. On pourra avoir l’introduction de la Compagnie Oni, une faction dissidente radicale. Il y aura plus de place pour les opérations d’infiltration complexes, des révélations sur les expérimentations menées par les Momotarō et la montée en puissance de nouveaux antagonistes.

Cette suite promet d’approfondir les enjeux politiques et moraux de l’univers, tout en intensifiant les conflits internes au camp des Oni.
En modernisant un mythe traditionnel et en l’inscrivant dans une dynamique de guerre génétique, Tougen Anki propose une lecture originale du shōnen d’action.

Son mélange de combats spectaculaires, de tensions politiques et de questionnements identitaires en fait une œuvre qui séduit autant les amateurs de folklore revisité que les fans de récits sombres et rythmés.
Avec un manga toujours en cours et une adaptation animée en pleine expansion, Tougen Anki s’impose comme l’un des titres à suivre dans les années à venir.
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